Robert Neville

Publié le par Le Point de Suspension

Robert Neville

Robert Neville a 36 ans, il est grand et plutôt costaud, blond, mélange d'ascendance anglaise et germanique, a une bouche « allongée et volontaire » et des « yeux bleu vif ». Comme on le voit c'est le portrait craché de l'acteur Will Smith choisi pour l'incarner au cinéma dans le film Je suis une légende.

 

A quoi passer son temps quand on est seul au monde et menacé ?

Robert passe son temps à bricoler, entretenir les défenses de sa maison, fabriquer des chapelets de gousses d'ail, aiguiser des pieux en bois, planter les-dits pieux dans des gens vivants et/ou morts, brûler des corps, lire, boire à se rouler par terre, écouter de la musique classique grâce à l'éducation de sa mère qui a su lui en donner le goût et fumer. On peut constater à partir de la description des activités quotidiennes de Robert, qu'il ne vit pas tout à fait dans le même monde que nous, à moins que vous occupiez votre temps à vous faire des colliers avec de l'ail ou à trucider des êtres en leur plantant un pieu au travers du corps.

Robert, en effet, vit dans la ville de Los Angeles devenue totalement morte, sans électricité, sans circulation automobile, sans économie, sans hommes qui vivent, travaillent, mangent, etc. Robert est le dernier homme de la ville peut-on dire. Sauf qu'il n'est pas tout à fait le dernier être qui bouge encore : la nuit, des « hommes au visage blême » assiègent sa maison et tentent de l'attirer à l'extérieur.

Nuit, ail, pieux pointus enfoncés dans le coeur, les indices montrent que Robert vit dans un milieu hostile et accessoirement, qu'il est le seul être qui ne soit pas (encore) un vampire.

Mais tous ces passe-temps ne suffisent pas à rester sain d'esprit

Ancien militaire, vétéran de la guerre au Panama, Robert a une croix tatoué sur la poitrine et il croit au départ un peu naïvement que c'est elle qui l'a protégée de l'épidémie qui a fait muter les hommes en morts-vivants jusqu'à ce qu'il comprenne qu'un vampire qui était de son vivant musulman, athée, juif ou de toute autre confession religieuse n'en a rien à faire de sa croix tatouée.

De sa vie d'avant, on ignore à peu près tout : il avait un père nommé Fritz, une épouse, Virginia, et une fillette, Kathy, il travaillait dans une usine. Voilà.

Au moment où nous faisons la connaissance de Robert, cela fait cinq mois qu'il survit péniblement dans la ville nettoyée de ses habitants humains sauf ceux qui font la sarabande la nuit. Cinq mois qu'il lutte, tantôt contre la tentation de se laisser tuer afin de devenir l'un des leurs et tantôt pour simplement vivre encore. Dans une solitude totale, en proie au désir sexuel qui le fait lorgner parfois sur les vampires féminines, il passe du désespoir à l'envie de vivre, de la colère et de la haine à l'abattement et à la dépression.

Après ces 5 ou 6 mois passés avec des hauts et des bas, Neville se remet en selle. Ce n'est pas que la situation s'améliore, loin de là, mais il commence à avoir envie de comprendre ce qui s'est passé pour qu'il se retrouve dans cet enfer et de trouver des solutions rationnelles basées sur la connaissance et la réflexion. C'est pourquoi il commence à étudier la biologie, la physiologie, la médecine, les sciences de la vie en général et en même temps à faire des liens entre le passé proche et la situation actuelle : la maladie de Virginia, les moustiques et les mouches omniprésents avant qu'elle ne meure, les tempêtes de sable, etc.

Robert lit, étudie, se documente et expérimente. Cela lui demande du temps et de l'énergie car il n'est pas un scientifique à la base et il lui faut comprendre comment s'est transmise la maladie, comment vivent et se propagent les virus, les germes, les bacilles. Il continue à passer par d'affreux moments de désespoir et manque de sombrer dans la folie, obsédé par l'idée qu'il est le dernier homme, obsédé par le désir, à demi alcoolique. Il comprend que c'est peut-être une morsure de chauve-souris au Panama qui l'a immunisé mais quoiqu'il en soit, pourra-t-il tenir encore longtemps face aux gens devenus malades et transformés en espèces de zombies cannibales qui rôdent et à quoi bon s'il est seul ?

Robert Neville est une légende ou cela ne va pas tarder

Je suis une légende (I am Legend) est un roman de Richard Matheson publié en 1954 et adapté plusieurs fois au cinéma : en 1964, en 1971 (sous le titre The Omega Man ou Le Survivant en français et en 2007 deux fois par Francis Lawrence et Griff Furst (I Am Omega), ces deux films concourrant pour le titre du meilleur nanar adapté de ce classique de la science-fiction qui revisite le thème archi connu du vampire dans un contexte post-apocalyptique.

L'homme disparaît de la Terre sous la forme que nous connaissons avec la figure de Neville pour renaître sous une autre forme adaptée au nouvel environnement et créer une nouvelle société dans laquelle Neville n'a pas de place à part peut-être sous la forme de légende qu'on raconte le soir près du feu (si les nouveaux "humains" font des soirées au coin du feu...).

 

 

 

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