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Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

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Paul & Virginie

Paul & Virginie

broken hearted boy

Paul et Virginie, Virginie et Paul. On aimerait pouvoir murmurer "chabadabada, chabadabada" mais ça ne va pas bien se terminer. Deux enfants nés et élevés ensemble dans un paradis tropical et s'aimant d'amour tendre... cela ne pouvait que mal finir car la méchante civilisation et l'argent mauvais vont mettre fin à toute cette joliesse édénique. Non mais !

 

Virginie de La Tour

 

Fille d'aristocrate mais grandie dans la nature, Virginie est une fraîche jeune fille, sans apprêts, innocente. Sa maman, digne femme qui a malheureusement perdu tôt son mari, élève sa petite Virginie dans une case pauvre mais propre et bien entretenue (les maisons pauvres mais dignes, dans les romans, sont toujours "pauvres MAIS propres").

La case voisine est occupée par une autre femme, Marguerite, et son petit garçon. Les deux braves dames, l'une noble et l'autre paysanne, se sont installées ici sur l'île Maurice (appelée encore en ce début du XVIIIe siècle île de France) pour vivre loin du monde. Un couple de domestiques noirs les aident dans les travaux agricoles. Cette petite communauté de six personnes vit paisiblement et simplement sur son domaine et les deux enfants sont élevés comme frère et sœur par ces deux mères bonnes et douces.

Virginie est une belle plante aux cheveux blonds et aux yeux bleus, à l'âme pure et droite. Elle occupe son temps comme ses deux mamans aux travaux de la maison, à la cueillette des fleurs, à s'occuper de ses chèvres et à confectionner des présents pour les plus pauvres qu'elle.

En grandissant, bien sûr, elle tombe amoureuse de son frère adoptif qu'elle désire épouser et ne plus jamais quitter. Mais Mme de La Tour a une riche parente en métropole qui demande Virginie près d'elle. Mme de La Tour voit là un moyen pour que sa fille devienne plus aisée financièrement et donc l'envoie en France. Les deux jeunes gens sont déchirés par la séparation. Virginie doit résister à un mariage arrangé et parvient à se faire mettre à la porte par sa vieille grand-tante puis à s'embarquer pour rentrer au pays. Il se peut qu'il eut été préférable qu'elle se mariât en France... ou bien qu'elle acceptât de se déshabiller à son retour.

Paul sans nom

 

Le pauvre Polo n'est point noble donc tout nom de famille lui est apparemment interdit, de même que sa mère n'est que Marguerite. Pour couronner le tout c'est un bâtard car il est né d'une femme modeste non mariée qui a fauté avec un gentilhomme (et non avec un cantonnier ou un vendeur de poissons, faut pas déconner quand même, s'il avait été vraiment de si basse extraction, on ne lui aurait jamais permis d'aller embrasser l'ourlet de la jupe de Mlle de La Tour).

Yeux noirs, robuste, teint bronzé, c'est un joli garçon qui occupe son temps à façonner son jardin avec goût pour plaire à Virginie qui est son amie, sa sœur, son amoureuse, sa seule richesse. Doué pour l'horticulture, il est capable de transformer en une véritable corne d'abondance son lopin.

Curieusement (Mme de La Tour aurait tout de même pu penser que ce serait pas mal de transmettre quelques connaissances à son fils adoptif), on ne lui apprend pas à lire, ni à écrire. Il faudra qu'il se débrouille pour apprendre plus tard afin de pouvoir écrire à Virginie quand elle sera en France. Grandi lui aussi dans une nature harmonieuse et élevé dans la simplicité et la religion chrétienne, il se montre un doux jeune homme, gentil, franc et souriant.

Récit des amours enfantines tragiques

 

Ce qu'on retient le plus souvent du livre de Bernardin de Saint-Pierre publié entre 1784 et 1788, c'est l'histoire d'amour entre deux frais et purs jeunes gens qui se termine mal. Mais c'est aussi un texte qui rend hommage à une nature insulaire idéale et qui fonde la mode de l'exotisme en littérature.

Cette histoire n'était pas publiée au départ dans un livre indépendant mais était un récit contenu dans le tome IV d'un recueil d'essais intitulé Études de la nature où Bernardin voulait montrer les réalités géographiques, sociales, naturelles de l'île Maurice. Dans Paul et Virginie toutefois, Bernardin s'éloigne quelque peu de la réalité pour dépeindre une île plus symbolique que réaliste où la nature n'est pas qu'idyllique mais peut aussi être menaçante et meurtrière.

On pourra consulter le site A la lettre pour de plus amples informations sur le roman.

Le roman de Bernardin de Saint-Pierre a été adaptée en série télé en 1974 (13 épisodes) avec Véronique Jeannot dans le rôle de Virginie et Pierre-François Pistorio dans celui de Paul. Une comédie musicale a été montée en 1992.

Un tableau de Courbet évoque Virginie : voir ici l'article du "Mauricien", lequel évoque également une adaptation en bande dessinée "réalisée par le dessinateur Laval Ng et scénarisée par Shenaz Patel, qui reprend le roman de Bernardin de Saint-Pierre. Édité par IPC, cet album a été écrit en deux versions — dans un français classique et en kreol morisien —, dans un style tout aussi classique [...]."