Elizabeth Bennet

Publié le par Le point de suspension

gateau.pngElizabeth (Lizzie) est la deuxième d’une famille de cinq filles issue de la bourgeoisie provinciale vivant à Longbourn dans le Hertfordshire. Comme ses soeurs, comme toutes les jeunes (et vieilles aussi) femmes des romans anglais du début du XIXème siècle, elle rêve d'amour et d'un beau mariage qui est à peu près le seul moyen dans la société de l'époque pour une femme d'avoir une vie honorable et aisée.
 
Plus maligne que ses soeurs sans aucun doute !
 
Jane sa sœur aînée est douce, jolie, agréable. Elizabeth lui est très attachée, Jane est sa confidente. Toutes deux sont les plus intelligentes de ses filles selon les dires de leur propre père Mr Bennet. Il aime beaucoup ses filles mais a tendance à penser que les deux dernières se montrent « remarquablement niaises » : Lydia et Catherine (Kitty) âgées de 15 et 17 ans ne songent qu’à draguer les officiers en villégiature au village de Meryton, à danser et à rire sottement. Quant à Mary, elle est plus sérieuse mais assez vaniteuse et pédante, en plus d’être laide.
Elizabeth est dotée d’une vive intelligence et surtout d’un grand sens de l’humour qui lui permet de supporter le monde étriqué dans lequel elle vit et la sottise sans fond de sa mère. Mrs Bennet est en effet peu cultivée, adore les potins et se comporte comme une véritable girouette, changeant d’opinion comme de chemise. Sa vulgarité, son manque de tact, sa manière de gaffer à voix haute en société font d’elle une caricature ambulante et mettent ses filles aînées au supplice. Son époux lui, habitué des idioties de Mrs Bennet, prend le parti d’en rire. Son caractère porté au sarcasme fait de lui le spectateur enjoué des comportements humains et de la sottise ambiante, source de distractions intarissable. Certes parfois il aimerait mieux lire en paix que de supporter les soi-disant maladies de nerfs de sa femme mais sa complicité avec Elizabeth l’aide beaucoup, celle-ci étant comme lui une fine observatrice et un esprit critique plein de franchise. Toutefois à trop vouloir être tranquille dans son coin de bibliothèque, Mr Bennet néglige son devoir envers les filles et ne pense pas assez à leur avenir contrairement à se femme qui ne pense qu’à les marier pour leur bien. Il fait d’ailleurs une grave erreur de jugement en laissant la plus jeune Lydia partir avec des amis à Brighton d’où elle fuguera pour se marier bien mal avec un aventurier.
 
Se marier certes mais pas à n'importe quel prix

Lizzie, elle, est bien décidée à faire un mariage d’amour avec un homme intelligent qui saura la charmer et ne veut pas se marier pour la sécurité financière ou par convenance. Ainsi elle refuse un excellent parti, Mr Collins, son cousin pasteur, parce qu’il est complètement idiot, mélange détonnant de suffisance et d’obséquiosité, de banalité affligeante et de solennité. Mr Collins se rabat sur Charlotte Lucas la meilleure amie d’Elizabeth, qui accepte de l’épouser pour ne pas rester vieille fille et avoir la possibilité de s’établir.
Son espièglerie, sa spontanéité à la frontière de l’impertinence, même si elle sait observer les convenances bourgeoises, font de Lizzie une causeuse agréable et charmante en société. Et c’est bien ce caractère naturel et gai qui séduiront Mr Darcy.  En plus de ses beaux yeux sombres et de sa gracieuse silhouette qui la rendent jolie même si elle est moins belle que Jane. Ainsi l’orgueilleux et distant aristocrate tombe amoureux d’elle bien qu’il la juge « passable » lors de leur première rencontre et que sa famille est méprisable et inférieure à tous les points de vue : socialement, par l’éducation, par l’argent.
Elizabeth juge Mr Darcy sévèrement car, contrairement à son ami Mr Bingley dont les manières sont cordiales et aimables et qui a la bonne idée de tomber raide amoureux de Jane, Darcy se montre réservé et hautain. Elizabeth est orgueilleuse car si elle n’aime pas Darcy c’est surtout parce qu’il l’a jugée sans beauté et parce qu’il ne lui a montré que de la condescendance, plus que par son attitude. Cette étiquette que Darcy colle sur Elizabeth sera la source des préventions et des « préjugés » de la jeune femme contre lui. D’autres raisons font que la jeune femme ne veut pas se lier avec Mr Darcy. Mais quand elle aura passé outre ses préjugés, quand il se sera expliqué, quand elle aura mieux compris quel genre d’homme il est, Elizabeth pourra se laisser aller à son inclination pour le bel aristocrate.
 
Toute la causticité de Jane Austen dans ce livre

Pride and Prejudice - Orgueil et préjugés - est un livre de Jane Austen (1813) qui garde sa fraîcheur, son humour, sa causticité deux cent ans après avoir été écrit. Cette belle histoire d’amour entre Lizzie et Darcy a été de nombreuses fois adaptée au cinéma et à la télévision, dont une dernièrement en 2006 (de manière assez décevante) par Joe Wright. Une très belle adaptation par la BBC a été réalisée en 1995 avec la jolie Jennifer Ehle dans le rôle d’Elizabeth Bennet.
 
La BBC a encore frappé avec une série très amusante intitulée Lost in Austen dans laquelle une jeune Anglaise d'aujourd'hui passe par une porte dérobée de sa salle de bain pour "entrer" dans Pride and Prejudice tandis qu'Elizabeth Bennet "sort" du livre pour devenir fille au pair dans le Londres moderne. 
 
Mentionnons, puis oublions vite ce livre affligeant, Les caprices de Miss Mary de Colleen McCullough (Editions de l'Archipel 2010), qui donne une suite au livre de Jane Austen en mettant en valeur le personnage de Mary Bennet et où Lizzie et Darcy sont très mal traités : leur mariage est un échec, Darcy est un pédant insupportable et Elizabeth est une mondaine malheureuse légèrement stupide (ce n'est pas  seulement pour cela que le livre est affligeant, notez bien, mais parce que il est atrocement mal écrit et mal bâti).
 
P.D. James qui, apparemment, a une grande admiration pour Jane Austen, a publié également une suite en 2012 : La mort s'invite à Pemberley (Editions Fayard). Une enquête policière qui, comme le titre l'indique, se déroule dans le domaine des Darcy après leur mariage. Un livre qui plaira peut-être aux inconditionnels de P.D. James mais pas forcément à ceux de Miss Austen... Signalons toutefois qu'une mini série télévisée en trois épisodes (Death comes to Pemberley) a été créée d'après ce livre et qu'elle est assez plaisante à regarder comme toutes les séries de la BBC qui sont en général de bonne qualité. Elizabeth Bennet y interprétée par une jeune femme crédible et convaincante, Anna Maxwell Martin.
 
Orgueil et préjugés et zombies de Seth Grahame-Smith (Flammarion 2009), une parodie déjantée qui introduit quelques... fantaisies dans l'histoire, a eu beaucoup de succès. Il vient d'être adapté en BD chez Casterman. Comme quoi les personnages de Jane Austen n'ont pas fini de nous inspirer.
 

 

 

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Mercredi 08/11/2015 16:28

Très bon article sur l'une de mes héroïnes favorites !
Je suis d'accord avec vous, le film de 2006 est très décevant comme adaptation, en revanche je suis une fan inconditionnelle de la série de la BBC.
Bonne continuation à ce joli blog !

Le Point de Suspension 09/11/2015 08:51

Merci beaucoup !!! Vraiment. C'est agréable de recevoir des commentaires favorables.
La BBC est sans concurrent pour la qualité des adaptations des grands livres classiques anglais. Notre service public de télé est un peu minable à côté... A quand des mini-séries excellentes adaptant Madame Bovary, L'Assommoir, A la recherche du temps perdu (au moins un tome) ? J'en rêve...

Schlabaya 07/10/2010 17:49



Cette héroïne est l'une de mes favorites, j'ai d'ailleurs adopté son pseudo sur FB. Je suis une fan de Jane Austen de longue date !



Nathalie, Le Point de Suspension 08/10/2010 12:01



Merci Schlabaya !


Vous êtes la première commentatrice sur ce blog et en plus sur un article concernant Jane Austen, un de mes auteurs préférés ! C'est de bonne augure pour la vie de ce site...