Alice (au pays des Merveilles)

Publié le par Le point de suspension

 

Bon, prenons une fillette créative et saupoudrons-la d’une bonne dose d’ennui, on obtient une aventure fantastique.

 

 

 

Alice suit un lapin mais ne perd pas la tête...

 

Alice, petite anglaise bien élevée de la bonne société, s’ennuie auprès de sa grande sœur qui lit. Alice a une sorte de pouvoir magique appelé imagination qui lui permet, dans un cas d'ennui extrême, de voyager dans un ailleurs divertissant, peuplé d’animaux étranges et de personnages bizarres. Ainsi, suivant un lapin blanc qui parle et qui sait lire l’heure, elle s'engouffre dans un trou et se retrouve à Wonderland, le pays des Merveilles. Mais Alice ne perd jamais la tête, elle, même si la Reine de Cœur aimerait bien la lui couper. Elle observe tout ce qu’elle voit avec une curiosité inlassable, une lucidité tranquille et amusée, un bon sens et une impassibilité qu’on imagine typiquement anglaise : self-control et sense of humour.

 

Face à des situations pénibles, elle garde un sang-froid britannique

 

Si elle se montre insouciante quant aux conséquences que pourraient avoir ses actes, elle reste toujours calme et sûre d’elle face aux situations les plus insensées, même quand elle devient si minuscule qu’elle pourrait disparaître ou si grande qu’elle ne voit plus ses pieds. Toutefois elle conserve sa spontanéité enfantine, ce qui lui vaut de gaffer de temps à autre et d'effrayer un peu les créatures rencontrées. Enfin, elle se montre attentionnée et gentille, elle essaie de comprendre, d’aider les autres. Elle essaie aussi d’appliquer son savoir scolaire aux situations qu’elle vit, de raccrocher ses expériences terribles et surréalistes (changer d’apparence physique, se confronter à des gens cruels, fous ou extravagants sont des expériences assez cauchemardesques) à des choses qu’elle connaît et qu’elle maîtrise : sa vie quotidienne, son affection pour sa chatte Dinah, ses relations sociales, l’école.

 

Alice, source d'inspiration

 

Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles (Alice's Adventures in Wonderland, 1865) est l'œuvre de Lewis Carroll, un pasteur érudit, professeur de mathématiques, nommé en réalité Charles Lutwidge Dodgson, qui a couché par écrit les histoires racontées à trois fillettes de sa connaissance. Il a aussi écrit  De l'Autre Côté du Miroir et Ce qu'Alice y trouva (Through the Looking-Glass and What Alice Found There, 1871), ainsi que Alice racontée aux petits enfants (The Nursery Alice, 1872).

 

Le livre a connu un succès extraordinaire, a été ré-édité et ré-édité, illustré par de nombreux dessinateurs dont celui des origines, John Tenniel, adapté à la télévision, au théâtre, au cinéma, en comédies musicales, en bandes dessinées, etc. Sans compter la source d’inspiration inextinguible que le livre constitue pour la chanson, le cinéma, le roman, la peinture qui y font de nombreuses références.

 

En 2009, Tim Burton a donné sa version d'Alice au Pays des Merveilles dans un film qui est une suite en quelque sorte à l'histoire : Alice est une jeune femme qui retourne voir les personnages qu'elle avait rencontré lorsqu'elle était enfant.

Pourquoi un tel succès et une telle postérité ? Cela tient-il à sa qualité littéraire ou au fait qu’il ne contient pas de morale, parce que c’est une histoire typique de l’humour et du non-sens britannique, loufoque et dingue ou parce que chaque lecteur peut affronter ses angoisses à travers celles d'une petite fille courageuse ?

 

A noter deux belles versions à découvrir : la première est un roman en grand format illustré par le subtil Anthony Browne aux Editions Kaléidoscope (1989) et la seconde, parue en 2010 aux Editions Drugstore, est une bande dessinée de Xavier Colette et David Chauvel.

 

 

 

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