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Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

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Claudine

Claudine

 

jeune-fille.pngYeux bruns, cheveux châtains, longs et bouclés en cascade sur son dos, Claudine est une adolescente intelligente, proche de la nature qui aime gambader dans les bois et aller à l’école. Mais si elle aime tant l’école, ce n’est pas parce qu’elle aime apprendre et étudier, ni qu’elle apprécie tellement ses camarades, non, c’est parce que l’école est un lieu passionnant où elle satisfait son goût pour l’observation lucide et sans concession du genre humain. Entre les maîtresses homosexuelles et les jeunes filles en émoi, les instituteurs amoureux ou coureurs de jupons et la construction de la nouvelle école, il y a de quoi faire.

Délurée Claudine

A quinze ans, la jeune fille habite avec son père, un savant malacologue, qui s’occupe bien davantage de ses limaces que de sa fille. Mais elle ne tente rien pour lui faire comprendre qu’elle recevrait une meilleure éducation s’il l’envoyait au lycée ou au couvent. Seule enfant de la bourgeoisie à aller à l’école du village au lieu d’être pensionnaire dans une ville plus importante, Claudine aime trop la liberté d’externe et de fille de la campagne pour se plaindre de rester où elle est. Même si ses camarades d’école sont assez bêtasses. Elle leur en fait voir d’ailleurs, parfois méchante et cruelle. Mais toujours prête à rire, elle les amuse aussi et met de la vie dans une école qui serait bien tristounette sans son exubérante élève. Insolente envers ses professeurs, délurée, sûre d’elle, elle a un esprit de répartie qu’on lui envierait, la chipie.

Paraissant plus âgée qu’elle n’est, elle connaît ses atouts et sait ses servir de ses charmes tout en restant follette au « cœur déraisonnable » comme elle l’avoue elle-même. Si elle connaît la vie aussi bien qu’une adulte, elle reste encore enfant, aimant le jeu, la bagarre, courir et espionner. Elle est connue pour ses « excentricités », sa hardiesse, sa conduite libre qui scandalisent les bien-pensants mais qui apparaît au lecteur du XIXème siècle comme un simple usage de l’humour caustique, du bon sens et du refus des convenances et des carcans qu’ils soient religieux, moraux, scolaires. « On ne peut pas contenter tout le monde et soi-même. J’aime mieux me contenter d’abord… » dit-elle et cette phrase pourrait être sa devise.

La citadine campagnarde

coupe-de-cheveux.pngAprès avoir passé son brevet et quitté l’école, Claudine accompagne son original de père à Paris où ils s’installent, rue Jacob. Mais la jeune fille a du mal à s’adapter à la vie citadine, habituée qu’elle est à ses bois et à sa verdure qui lui manquent. Elle finit par tomber gravement malade. Peu à peu, elle se remet, coupe ses longues boucles pour adopter une coiffure courte et moderne et devient une parfaite parisienne, sur le plan de la vie mondaine, de la  mode et du bon goût tout en restant farouche, prête à griffer. Elle fait la connaissance de sa tante, du petit-fils de celle-ci, Marcel, dont elle se fait un ami, et du père de Marcel, Renaud qu’elle épouse. Mais celui-ci la pousse dans les bras d’une jolie blonde élégante Rézi qui trompe Claudine avec Renaud. Claudine quitte alors Paris pour revenir à Montigny, la maison de son enfance.

Un autoportrait romanesque ?

Claudine à l’école, publié en 1900 par Colette et son mari, sous le nom de plume de Willy, est le premier volume d’une série consacrée à cette héroïne. Le livre est suivi de Claudine à Paris (1901), Claudine en ménage (1902) et de Claudine s'en va (1903). On retrouve également Claudine dans La Retraite sentimentale (1907).

Dès sa publication, Claudine à l’école est un grand succès de librairie et suscite un petit scandale à cause de sa liberté de ton et de sa sensualité. Le personnage de Claudine vaut à Colette, femme de lettres et de spectacle indépendante, une renommée rapide.