John Dortmunder

Publié le par Le Point de Suspension

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John Archibald Dortmunder, né à Dead Indian, Illinois, est un cerveau de bande, la tête pensante reconnue comme telle par ses collègues de travail.

 

 

 

John la Déveine

John possède des dons d’organisation et une capacité d’adaptation impressionnants. Malheureusement il a la poisse : presque tout ce qu’il entreprend brillamment est voué à l’échec. C’est pas de bol, c’est tout. Malgré cela il a réussi à n’aller en taule que quelques fois dans toute sa carrière, ce qui est un résultat tout à fait honorable au vue du nombre de coups réalisés et de sa guigne congénitale. Ah oui ! le métier de Dortmunder est cambrioleur. C’est un pro, habile et réactif, un honnête tâcheron dans une activité malhonnête. "Un truand ordinaire, bien de chez nous, débrouillard, sans envergure. " dit un policier new-yorkais à propos de notre héros.

 

John, un type ordinaire dans la grand ville

Son champ d’action principal est la ville de New York où il vit (dans East 19th Street, Manhattan) avec de temps en temps de petites expéditions en dehors comme la fois où il essaie de voler un cheval de prix dans un ranch. Elevé dans un orphelinat religieux (du Cœur Saignant des Sœurs de la Misère Eternelle !), il aurait pourtant pu être honnête. En tout cas, c’est un non-violent et un calme.

Grand dégingandé et assez moche, Dortmunder a le dos voûté et porte des vêtements informes et passe-partout qui le font ressembler à un salarié moyen. "Ses cheveux ternes couleur de cheveux, son nez pessimiste et sa démarche aux charnières rouillées" le  fondent dans la masse. Il est marié à May, caissière dans un supermarché qu’elle pille joyeusement pour sa nourriture quotidienne et celle de son mari. May est aussi une fumeuse pathologique de cigarettes, plongeant leur appartement dans une fumée perpétuelle.

 

John et sa bande

Dortmunder a horreur de la technologie moderne, parler à un répondeur par exemple est au-dessus de ses forces. Contrairement à Andy Kelp (Andrew Octavian Kelp) son meilleur ami et complice qui lui est un spécialiste en gadgétologie pour le meilleur et souvent le pire. Dortmunder a aussi d’autres amis et complices qu’il retrouve dans leur quartier général, le O.J. Bar & Grill, où officie Rollo le barman qui désigne chacun de ses clients par ses habitudes alcoolisées. Bourbon pour Dortmunder ; Bourbon pour Andy Kelp ; Vodka-et-vin-rouge pour Tiny Bulcher, une sorte de gros bonhomme monstrueux et jovial qui peut vous aplatir d’un coup de poing ; Bière-pression-et-sel pour Stan Murch, un rouquin passionné de voitures et de conduite, d’itinéraires farfelus et de circulation, qui sert de chauffeur à la bande (il boit de la bière saupoudrée de sel pour faire durer la mousse et ainsi il n’en boit qu’une et n’est jamais ivre). La mère de Stan Murch leur donne un coup de main à l’occasion, elle est chauffeur de taxi (et boit aussi de la bière pression).

 

John le pince-sans-rire

Dortmunder a une autre différence avec Andy Kelp : il est pessimiste et négatif (il y a de quoi en général) alors qu’Andy a toujours la pêche et croit en sa bonne étoile au point qu’il en est presque infantile. C’est souvent lui qui apporte des affaires à Dortmunder mais comme cela ne marche jamais, Dortmunder pense qu’Andy aurait tendance à lui porter malheur. Mais dans sa malchance, notre monte-en-l'air sérieux a une sorte de panache burlesque. En somme, et bien malgré lui, il arrive à faire pleurer de rire le lecteur qui partage ses aventures rocambolesques.

 

John, le compagnon de Westlake depuis 40 piges

Dortmunder est un personnage récurrent des romans de Donald Westlake  qui apparaît pour la première fois dans The Hot Rock (Pierre qui roule dans la traduction française) en 1970. Un film est tiré de ce livre en 1972 dans lequel Robert Redford  incarne John Dortmunder. Robert Redford ?!! Ce bel acteur blond ? Transformé en John Dortmunder ? Ah ! Hollywood, tu fais bien n'importe quoi !

D’autres romans aux savoureux dialogues et aux situations rocambolesques, suivront, mettant toujours en scène ces gansters décalés, inventifs, malins, malchanceux : Jimmy the Kid, Pourquoi moi ?, Les sentiers du Désastre, Dégâts des Eaux, etc. En tout plus de dix romans et plusieurs nouvelles. Les nouvelles ont été rassemblées en français sous le titre Voleurs à la douzaine (Editions Rivages 2008). Dans la préface de ce recueil, l'auteur explique qu'il a inventé John Dortmunder en 1967 et que, depuis plus de 40 ans, il vit plus ou moins avec cet individu louche.

Plusieurs autres romans dont Dortmunder est le héros ont fait l'objet d'une adaptation au cinéma : Jimmy the Kid en 1982 de Gary Coleman avec dans le rôle du gamin Gary Nelson (Arnold dans la série TV Arnold et Willy) ; Escrocs de Sam Weisman en 2001 (une adaptation plutôt libre de Au pire qu'est-ce qu'on risque ?) ; etc.

A noter également une adaptation en bande dessinée du roman Pierre qui roule signée Lax aux Editions Casterman en 2008.

 

 

 

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