Le vicomte de Valmont

Publié le par Le point de suspension

lettre.pngVicomte fortuné (il est l’héritier de sa tante, la vieille et brave Madame de Rosemonde qui l’aime tendrement), beau et libre, Valmont est un libertin cynique qui a élevé la séduction au rang d’art. Séducteur dont le cœur n’a jamais été conquis...

Stratège de l'amour

Ce qu’il aime dans le jeu de l’amour n’est pas tant le plaisir physique que lui donnent ses conquêtes féminines que le plaisir du jeu : mettre en place une tactique, agir, observer, déplacer ses pions, prendre du plaisir au spectacle de son propre savoir-faire, constater qu’on est au-dessus du commun des mortels, arriver enfin à la possession de l’autre qu'on méprise copieusement. Mener des batailles amoureuses, voilà ce qui passionne Valmont.  Dans ce jeu d’échecs libertin sa meilleure partenaire, ou rivale c’est selon, est son amie et ex-maîtresse la Marquise de Merteuil. Avec elle il se livre à une sorte de jeu-concours dont le but est de montrer lequel des deux est le plus perfide et dont l’enjeu est la reprise de leur liaison si Valmont gagne.

Le séducteur séduit

Pour remporter la mise, Valmont doit parvenir à séduire Madame de Tourvel, entreprise que la Merteuil juge infaisable. Mais en s’attaquant à une proie réputée vertueuse et inébranlable comme Madame de Tourvel, Valmont ne se doute pas de ce qui l’attend. Tourvel, elle, ne comprend rien au jeu que joue Valmont, celui de la séduction. Elle ne joue pas, elle aime. Valmont simule la passion et met en place une véritable stratégie militaire pour la faire tomber dans ses bras. La malheureuse (?) répond à cet amour simulé. Mais au fur et à mesure du déroulement de la partie, Valmont est séduit par la jeune femme et éprouve des sentiments amoureux. Il les utilise bien sûr pour parvenir à ses fins car il ne se défait pas de son caractère calculateur, mais c’est à contre-cœur qu’il rompt avec Tourvel quand la marquise de Merteuil le lui demande. Pour aller jusqu’au bout de la partie et pour emporter la victoire, il sacrifie son amour véritable pour Tourvel sans se rendre compte que la Marquise se joue de lui (parce qu’elle crève de jalousie). Par vanité et orgueil, il rompt avec la seule femme qu’il aime et qui lui rend son amour.
 

La seule vraiment ? Car en fin de compte Valmont aime-t-il mieux la Marquise de Merteuil ou la Présidente de Tourvel ? La question se pose vraiment…

Merteuil, la mauvaise joueuse

Mais le jeu devient tragédie quand Merteuil refuse sa récompense à Valmont c’est à dire refuse de se donner à nouveau à lui après qu’il ait séduit puis abandonné Tourvel. Il se venge mais sa vengeance se retourne contre lui et il paie de sa vie la fin d’un badinage qui se révèle impitoyable. Valmont comprend mais bien trop tard qu' « on est heureux que par l’amour » comme il le dit lui-même dans une lettre à Danceny, son rival auprès de la jeune Cécile que Valmont a séduite, celui qui le tuera en duel, mais aussi celui qui le vengera enfin de la Marquise en divulguant  une partie de leur correspondance dans Paris, provoquant la perte de la belle libertine.

Colin Firth ou John Malkovitch ?

Valmont est le héros des Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos (1782).  Ce roman épistolaire a été adapté très souvent sous différentes formes : théâtre, cinéma, télévision, autres oeuvres romanesques.

Certains se souviendront de Gérard Philippe incarnant Valmont dans le film de Roger Vadim en 1959 qui transpose l'histoire dans la société française des années 50. Mais on garde en mémoire la prestation de John Malkovitch en Valmont ténébreux dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears (1988). Toutefois, le préféré des filles ne serait-il pas Colin Firth dans le Valmont de Milos Forman en 1989 ? Cette version, moins fidèle et nettement plus légère que celle de Stephen Frears, a une fin plutôt surprenante.

 

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