Michka

Publié le par Le Point de Suspension

 

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Michka est un ours en peluche marron : deux oreilles rondes, deux pattes avant, deux pattes arrière, « le dessous des pattes en velours rose, deux boutons de bottines à la place des yeux, trois points de laine à la place du nez ».

 

 

 

 

 

 

Un ours qui veut vivre sa vie...


Un ours en peluche ordinaire en somme, du textile bourré de mousse. Sauf qu’il est doué de pensée et de mouvement. Evidemment, un ours en peluche simplement posé sur un lit dans une chambre d’enfant ne fait pas un héros d’histoire s’il n’a pas le moindre bout de cervelle capable de remuer une idée ! En revanche comme de nombreux jouets animés peuplant la littérature pour enfants, Michka est un nounours plein de vie !

On peut s’interroger sur le nombre de peluches présentes dans la littérature enfantine. Des psychologues, dont Bruno Bettelheim, ont tenté une réponse. Pour résumer, les enfants attribuent aux objets inanimés les sentiments, les pensées, les émotions qu’ils connaissent eux-mêmes, pour faire coller la réalité à l’image qu’ils se font de la réalité. L’ours-doudou, ou tout autre objet, est comme un double de l'enfant et lui permet de vivre par procuration une situation donnée. Voilà une explication possible au fait que Michka, à l’instar de la multitude d’ours littéraires, agite ses petites pattes en disant : « Je suis un ours, après tout ! Je veux aller me promener tout seul et faire un peu ce qui me plaît, sans obéir aux caprices d’une méchante petite fille. »


... loin d'Elizabeth surtout !

 
Michka appartient en effet à Elizabeth, une gamine désagréable, exigeante, gâtée, capricieuse. Comme elle malmène ses jouets, Michka décide de prendre le large. Il file par la chatière et, malgré le froid et la neige, s’aventure dans le monde. Comme un vrai ours remis en liberté, sauf que lui se tient debout sur ses petites pattes arrières synthétiques et qu’il se conduit en sale gamin boudeur, coléreux et tête de mule. Quels que soient ses déboires dans la forêt, une chose est certaine : il ne veut plus jamais être un jouet.

Il apprend, par hasard, en écoutant les oiseaux de la forêt, qu’il est s'est échappé justement la veille de Noël. Il apprend également qu’à l’occasion de Noël on tâche de rendre service aux autres. Apparemment, sa petite maîtresse ne lui avait pas appris « l’esprit de Noël » comme on a coutume de dire. Comme c’est un bon petit ours au grand cœur, il accepte de donner un coup de main au renne du Père Noël, rencontré aussi par hasard dans la forêt, pour sa distribution annuelle de trucs et de machins aux petits. Mais cette bonne action ne lui suffit pas, il voudrait faire plus. Eh oui, c’est un ours généreux au fond.

 

Mais Michka n'est qu'un petit ours en peluche

 

Bientôt, il est confronté à un choix : repartir tout seul dans la forêt pour vivre une vie libre et indépendante ou redevenir jouet pour rendre heureux un garçonnet malade qui n’a pas encore reçu de cadeau de Noël. Flûte alors ! On est si bien dans la campagne à se balader, on y prendrait vite goût. Mais Michka est gentil, alors voilà, il redevient l'ami des enfants ou... un prisonnier volontaire selon l'interprétation qu'on veut donner à la fin du conte.


Un ours de 70 ans toujours tendance !


Michka est un livre de Marie Colmont paru en 1941 aux Editions Flammarion dans la collection des "Albums du Père Castor". Illustré par le russe Rojankovsky puis par Gérard Franquin d’après les dessins originaux de ce dernier.

 

Lu par des générations de gosses, ce grand classique est utilisé à tour de bras par les enseignants de maternelles pour parler de la générosité et de la « magie de Noël ». Indémodable Michka !

Michka existe également en dessin animé dans la collection "Les Histoires du Père Castor" (Citel Vidéo).

 

 

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