Los Angeles, années 30. Robert, originaire de l'Arkansas, est venu dans la ville du cinéma pour travailler ...
dans le cinéma comme tout le monde. Il admire les grands cinéastes et espère bien un jour en devenir un. Pour l'instant, il tâche d'obtenir des petits boulots de figuration et se contente
d'observer.
Robert en effet est un rêveur, un sensible qui aime se promener au bord du Pacifique et regarder les vagues, s'asseoir dans les petits parcs tranquilles de la ville. Alors qu'il se remet à peine
d'une grippe qui l'a vidé et laissé un peu faible, il rencontre Gloria, une jeune femme orpheline venue du Texas pour essayer de faire carrière dans le cinéma. Comme Robert, elle est figurante à
Hollywood, rêve de gloire et galère au quotidien.
C'est Gloria qui propose à Robert de participer à un marathon de danse. Comme son nom l'indique, il s'agit de danser sans cesse, le plus longtemps possible, c'est à dire souvent durant
plusieurs semaines. Les couples inscrits gigotent sur une piste entourée de sièges pour les spectateurs pendant 1h50 puis ont droit à une pause de 10 minutes pour dormir, manger, se laver,
éventuellement se faire soigner en cas de douleurs, etc. Les 10 minutes écoulées, ils reviennent danser pendant 1h50 et ainsi de suite, jours et nuits. Ils sont nourris et "logés" par les
organisateurs et le couple vainqueur gange un prix quand tous les concurrents se sont écroulés de fatigue et qu'il ne reste plus que lui à gigoter de plus en plus faiblement. On peut aimer le
sport, la compétition, on peut comprendre l'appétit de vaincre, le désir de gagner, le besoin d'argent ou de se faire remarquer mais le marathon de danse apparait comme une des activités les plus
absurdes parmi les plus absurdes. "Une épreuve d'endurance et de virtuosité" dit un des animateurs du marathon auquel participent Gloria et Robert. Oui, oui,...
Ce qui pousse les participants à se trémousser sous les yeux de spectateurs enthousiastes c'est l'espoir d'être repéré par un ponte d'Hollywood qui se trouverait là. Qunt aux spectateurs, eux,
viennent pour les larmes et le sang dans l'espoir que quelqu'un va craquer , s'effondrer, devenir fou d'épuisement sous leurs yeux, ce qui arrive bien évidemment. Le marathon de danse ? Il ne
manque plus qu'une caméra pour faire une belle et bonne émission de télé-réalité. Et, comme dans ce type d'émission ,le scénario est prévu à l'avance puisque ce sont les organisateurs qui
décident de tout et interviennent pour faire monter l'excitation générale : concours dans le concours, mariage en direct de candidats, etc. Toute cette idiotie n'est qu'une question de gros sous
bien sûr car les spectateurs, nombreux, s'ils ne tapotent pas sur des téléphones, payent pour entrer dans le dancing. On connait la musique.
Mais revenons à Robert qui n'est pas là pour se marier, ni pour se faire repérer par qui que ce soit. Robert ne veut pas être acteur. Robert veut l'argent. Cet argent qui lui permettrait de
réaliser un court-métrage et de se lancer dans le métier qu'il veut faire. Robert est un homme simple, voire un peu naïf, gentil et respectueux. Un jeune homme bien élevé et, selon son propre
terme, un tantinet "bouché". Aussi quand Gloria, devenue à la fois son amie et son double malheureux, Gloria, qu'il soutient du mieux qu'il peut pendant le marathon, lui demande un service
ultime, il ne peut que s'éxécuter ne voyant pas vraiment de mal à cela, comme s'il n'y avait plus d'autre possibilité. Gloria est au bout du rouleau, elle est déespérée, elle déteste sa vie et
veut la quitter. Robert l'aide tout naturellement d'un coup de revolver. Robert ne peut pas se sortir de sa situation devenue inextricable, il ne cherche d'ailleurs pas à s'en sortir, il sait ce
qui l'attend et le dit dès le début de son histoire qu'il nous raconte. Robert est fataliste, il a essayé de gagner, il a tout misé et a perdu. Voilà. C'est de toute façon ce qui semble arriver
aux pauvres gens à cette époque de dépression économique aux Etats-Unis, comme par exemple à Lenny et George (lequel commettra aussi le geste fatal) dans "Des souris et des hommes" de
Steinbeck.
"They shoot horses, don't they ?" est un livre d'Horace McCoy qui date de 1935 et qui est paru en 1946 en France sous le titre "On achève bien les chevaux", aux Editions Gallimard. Un roman
très sombre où l'auteur, qui connaissait bien le genre de galère qu'il évoque dans ses romans, soulève un pan du beau rideau appelé Rêve Américain et montre que derrière ce n'est pas joli à voir.
Michael Sarrazin incarne Robert Syberten dans le film de Sydney Pollack adapté du roman. Jane Fonda en Gloria l'accompagne sur la piste de danse dans ce film de 1969-70. "J'aurais dû rester chez
nous" est le titre d'un autre roman de McCoy qui pourrait parfaitement s'appliquer à notre jeune et paisible assassin Robert.
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