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Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

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Margaret, Josephine, Elisabeth et Amy March

Margaret, Josephine, Elisabeth et Amy March

Josephine March
 

Josephine, surnommée Jo pour son plus grand plaisir car elle déteste son prénom trop guindée, est une grande jeune fille de 15 ans. Brune aux beaux cheveux épais, élancée, elle a de grands pieds et de grandes mains, une nez retroussé et des yeux gris. Le moins qu’on puisse dire, et elle le reconnaît elle-même en se définissant comme « l’homme de la maison », est qu’elle est assez peu féminine. En réalité c’est un vrai garçon manqué : elle aime les jeux de garçons, elle est un peu brusque, parfois même bourrue. Elle détonne dans une maisonnée de filles et dans cette société américaine du milieu du XIXe siècle où les jeunes filles de bonne famille ne sont pas censées cavaler dans les escaliers ou siffler !
Jo est maladroite, un peu négligée, n’accordant pas une grande attention à ses toilettes (encore un mauvais point pour elle !), souvent impatiente, spontanée et franche. Mais elle a un grand cœur et le sens de l’humour sous ses airs grognons et malgré une langue parfois un peu trop bien pendue.

Elle aime son voisin Laurie, la lecture et les pommes, son rat apprivoisé mais surtout elle consacre une part de son temps à l’écriture de contes et de pièces de théâtre car elle a de l’imagination, une belle plume. Elle tient peut-être son caractère entier et décidé de sa grand-tante Madame March chez qui Jo travaille comme dame de compagnie et qui est maussade, capricieuse et à cheval sur les principes mais dans le fond a bon cœur.

En tout cas des quatre filles March, Josephine est la plus hardie. Pragmatique, elle n’hésite pas à prendre les choses en main quand il le faut et à prendre des décisions importantes seule comme par exemple s’adresser à un journal pour faire publier ses contes ou vendre ses cheveux à un coiffeur pour aider son père dans le besoin. Jo a de la suite dans les idées et le goût de l’aventure !


Margaret March
 

Margaret que tout le monde appelle Meg, est l’aînée des March, elle a 16 ans et travaille comme bonne d’enfant dans la famille King où elle s’occupe des 4 plus jeunes de la fratrie, enfants gâtés qui mettent ses nerfs à rude épreuve. D’autant plus que Meg n’est pas très courageuse au travail ! D’un caractère plutôt fataliste, doux, elle aime davantage le luxe, les jolies toilettes, les distractions, les fêtes et les danses que le travail ou l’exercice physique.

Jolie brune aux grands yeux et aux belles mains blanches, Meg est coquette, fleur bleue et comme bon nombre de jolies jeunes donzelles de la bonne société n’attend qu’une chose : un gentil et beau mari. Toutefois elle est de bon conseil pour sa cadette toujours en train de faire une gaffe et fait de son mieux pour aider à la maison. En tout cas c’est de loin la meilleure actrice dans les pièces qu’écrit et met en scène Jo pour le plaisir de leurs amies.


Elisabeth March
 

Beth pour les intimes est la fille sage de la fratrie March. A 13 ans seulement, elle fait preuve d’esprit de conciliation et de douceur, elle est serviable et gentille avec tous et tout le monde l’apprécie beaucoup. Elle aime les animaux et la musique avec passion. Elle se révèle d’ailleurs particulièrement douée au piano.

Agréable et paisible, elle aide à la maison car à cause de sa trop grande timidité, elle était bien trop malheureuse et terrifiée à l’école d’où ses parents l’ont retirée.
Petite adolescente aux cheveux soyeux et aux yeux brillants à l’âme d’une infirmière dévouée et tendre, Beth vit pour sa famille. Mais depuis que le voisin Monsieur Laurence, un vieux monsieur un peu rude l’a autorisée à venir jouer sur son piano, Beth est un peu plus sociable avec les étrangers.


Amy March

Amy est encore écolière mais à 12 ans seulement et dernière de la famille, elle sait déjà ce qu’elle veut : être une artiste connue. Elle a un grand talent pour le dessin en effet et ses activités de dessinatrice l’occupe beaucoup.
C’est une vraie petite poupée blonde et bouclée aux yeux bleus. Toutefois ce physique avantageux est un peu gâté par son mauvais caractère. Elle ne ressemble pas à sa grande sœur Jo à qui elle reproche ses mauvaises manières, ni à la gentille Meg et encore moins à la patiente et angélique Beth : Amy est vaniteuse, prétentieuse, maniérée, jalouse au point de commettre des actes très fâcheux pour les autres (par exemple brûler les carnets de Jo qui rassemblent ses écrits). Une vraie petite pimbêche en devenir mais ses parents et ses sœurs sont là pour amender le caractère tempétueux de cette frêle et élégante blondinette.

Une fratrie unie

Les quatre sœurs vivent avec leur mère, une femme généreuse et aimante, et une domestique dévouée prénommée Hannah. Toutes attendent avec impatience le retour de Monsieur March qui s’est engagé comme aumônier (l’histoire se passe en pleine guerre de Sécession aux Etats-Unis). Monsieur March, propulsé « docteur » dans la traduction française alors que c’est un ecclésiastique et non un médecin, a perdu sa fortune en voulant aider un ami en difficulté, si bien que c’est lui qui se retrouve dans les difficultés financières et la famille est dans la gêne, c’est pour cette raison que les aînées doivent se trouver chacune un travail.

En attente du mariage...

Ce travail à l’extérieur mis à part, et l’école en ce qui concerne Amy, la vie des quatre filles March se passe comme celle de toutes les fillettes et adolescentes américaines de la classe moyenne de l’époque qui attendent le mariage : études, couture et autres travaux d’aiguilles, visites aux amis et aux pauvres, quelques soirées dansantes, église, entretien de la maison (du moins les travaux les moins pénibles, les plus durs étant effectués par les domestiques).

... la vie comme elle va

S’il n’est pas présent physiquement, le bon March est comme une ombre tutélaire omniprésente et bienveillante à laquelle ses filles et son épouse se réfèrent sans cesse. Le lecteur suit les « Little Women » (titre original du roman) toute une année pendant laquelle elles vont vers l’âge adulte à travers plusieurs épreuves et de nombreuses péripéties : Beth manque de mourir de la scarlatine, leur père tombe malade et leur mère doit s’absenter, elles connaissent de grandes amitiés et l’amour (en ce qui concerne Meg), etc.

L'auteur a puisé dans son histoire personnelle

Les Quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott est un roman d’inspiration autobiographique (Jo ressemble beaucoup à Louisa May) paru en 1868. Grand classique américain, le livre propose une vision de la vie de famille au XIXe siècle et une échelle de valeurs morales très traditionnelles : la nécessaire charité envers les pauvres, la pauvreté méritante et la richesse qui ne fait pas le bonheur, la pensée consolante qu'il y a toujours plus malheureux que soi, le travail et la vie sociale  qui sont les piliers du bonheur, les occupations qui doivent être saines et profitables y compris le jeu.

L’auteur a écrit plusieurs livres faisant suite à ce premier opus : Les filles du docteur March se marient (Little Women Second Part), Le rêve de Jo March (Little Men: life at Plumfield with Jo's boys), La grande famille de Jo March (Jo’s boys and how they turned out).

Le roman a été maintes fois adapté au cinéma et à la télévision : par George Cukor en 1933 (Katharine Hepburn incarne Jo dans le film), par Mervyn LeRoy en 1949 (Elizabeth Taylor joue Amy), par Gillian Armstrong en 1995 (Jo a le visage de Winona Ryder), par David Lowell Rich en 1978 (téléfilm). Il existe aussi quelques versions en série d’animation : Les Quatre Filles du docteur March en 1981, Petite Bonne Femme en 1993 (un titre plus fidèle au titre original).

Au lecteur de voir quelle fille March aura sa préférence...

Pour l'anecdote

Geraldine Brooks a écrit en 2006 un livre March : A Love Story in a Time of War traduit en français par La solitude du Docteur March (Belfond 2010) qui lui a valu le prix Pulitzer. Ce livre raconte la vie du père des quatre filles March et, notamment, son amour pour une esclave métis pendant la guerre de Secession. Dans ce roman, le père et la mère des filles ont leur première relation sexuelle dans la nature à Concord au son de la flûte d'Henry Thoreau qui joue dans le lointain. Cette nuit illicite dans une société collet montée fut celle, selon Brooks, de la conception de Meg March. Et comme j'ai une admiration personnelle pour Henry Thoreau, écrivain et philosophe américain, j'ai été émue de le recontrer dans ce roman, au demeurant pas formidable.