Matilda Verdebois

Publié le par Le point de suspension

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"Une croûte sur une plaie" telle est la manière dont les parents de Matilda considèrent leur fillette de cinq ans.  Madame et monsieur Verdebois (Wormwood dans la version anglaise) sont deux parfaits abrutis qui ne se sont pas aperçus que Matilda a une intelligence hors du commun, ou, s'ils s'en sont rendus compte, n'en ont absolument rien à faire.

 

Surdouée entourée d'abrutis

Matilda est donc une petite surdouée qui apprend avec plaisir, bonheur et une grande facilité. Elle apprend ainsi seule la lecture à l'âge de trois ans grâce à quelques magazines et journaux qui traînent chez elle. A quatre ans, elle est capable de lire un livre mais comme le seul livre de la maison est un livre de recettes de cuisine, elle devra seule se rendre à la bibliothèque de son village pendant que sa mère est occupée à ses après-midi loto, que son frère aîné Michael est à l'école et que son père vend des voitures d'occasion et escroque ses clients. C'est ainsi que Matilda, grâce à la complicité d'une bibliothécaire sympathique, découvre tous les grands auteurs de la littérature anglaise et américaine. Elle a d'ailleurs tout le temps de lire puisqu'elle n'est pas encore scolarisée et qu'elle est toujours livrée à elle-même.

Matlida se rend très vite compte du décalage culturel et moral entre ses parents et elle. Le dîner en silence devant la télévision avec un plateau-repas sur les genoux ne lui convient guère, les histoires de son père qui expliquent comment il roule ses clients au garage lui font honte et les attaques perpétuelles de ses parents contre sa petite personne qui perd son temps à lire au lieu de faire des choses intelligentes commencent sérieusement à lui porter sur les nerfs. C'est pourquoi elle s'amuse de temps à autre à leur faire des blagues pour les calmer et pour évacuer sa frustration d'être totalement incomprise et mal-aimée par sa famille.

C'est surtout son crétin de père qui fait les frais des inventions de la malicieuse fillette, du moins jusqu'à son entrée à l'école car, là, ce sera la directrice, Mademoiselle Legourdin (Miss Trunchbull), une odieuse grosse bonne femme à demi-cinglée, qui deviendra l'objet des petites vengeances de Matilda, laquelle ne supporte pas les injustices et la violence. Matilda a beau être une petite fille calme, gentille et patiente, elle a beau être modeste, ne faisant pas étalage de ses dons exceptionnels, il ne faut quand même pas trop la provoquer, ni s'en prendre à ses camarades de classe injustement : Matilda est prête à les défendre contre toutes les Legourdin !

L'école, ce n'est pas si mal...

L'école va changer la vie de Matilda, non pas qu'elle lui apprenne grand-chose car Matilda sait déjà lire, compter, écrire, mais parce qu'elle va faire la connaissance de Mademoiselle Jennifer Candy (Miss Honey). L'institutrice de la petite classe est une jeune femme douce et gentille, cultivée et intelligente qui va séduire la petite Matilda, laquelle a beaucoup d'amour à donner dans la mesure où elle n'a guère rencontré de personnes aimables dans les cinq premières années de sa vie.

L'école va aussi permettre à Matilda de développer quelques facultés paranormales. En effet, Matilda, outrée des mauvais traitements que la directrice fait subir aux élèves, va découvrir qu'elle possède un pouvoir extraordinaire, en plus de ses facultés intellectuelles et de sa vivacité : elle peut déplacer des objets par la force de sa pensée. Ce don aide Matilda à débarrasser définitivement l'école de Mademoiselle Legourdin, laquelle s'est révélée encore plus affreuse et méchante qu'elle ne le pensait : tante de Melle Candy, elle a spolié celle-ci de tous ses biens après la mort de ses parents et l'a réduite à l'état de quasi esclave.

... surtout quand vos parents vous abandonnent

La directrice d'école hors de combat, Matilda peut enfin respirer et rapidement on la fait passer dans une classe supérieure. Au passage elle a perdu ses pouvoirs magiques après le départ de la directrice  mais elle en est presque soulagée. Foin des miracles ! Matilda va pouvoir bosser, étudier, apprendre, être enfin librement la petite personne douée et intelligente sans qu'on l'ennuie.

Comme un bonheur ne vient, parait-il, jamais seul, la fillette a la grande joie de devenir en quelque sorte la fille adoptive de Melle Candy après le départ précipité de ses parents et de son frère. Monsieur Verdebois doit en effet quitter le pays car il est recherché pour recel de voitures volées, il décide donc d'embarquer toute la famille en Espagne mais comme Matilda ne peut se résoudre à quitter son petit monde familier, l'école, ses copains et surtout sa grande amie, Melle Candy, elle décide de ne pas les suivre. Comme d'habitude, ses parents ne s'embarrassent pas de leur fille dont ils ne se sont jamais occupés : ils l'abandonnent purement et simplement en Angleterre !

Roald Dahl & Quentin Blake, fameux duettistes de la litterature enfantine

Matilda est l'héroïne anglaise du roman du même nom du fabuleux Roald Dahl paru en 1988. En France, les éditions Gallimard publient le texte la même année. Dans le roman c'est le stylo du génial  illustrateur Quentin Blake qui donne un visage à Matilda : une toute petite fille menue aux longs cheveux noirs raides comme des baguettes et au nez pointu de souris. Au cinéma, Mara Wilson lui prête sa bouille dans un film de 1996 réalisé par Danny DeVito (qui joue le rôle du père de la fillette) : la petite actrice de 9 ans obtient d'ailleurs un prix pour ce rôle.

 

 

 

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