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Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

Le Point de Suspension ~~ Les personnages littéraires

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Santiago

Santiago

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Vieux pêcheur solitaire, maigre, sec, ridée, la peau tavelée de tâches dues au soleil et les mains couturées de cicatrices laissées par le travail, Santiago a encore l'oeil vif et joyeux et de la force à revendre.

 

 

Un "salao"

La plupart des autres pêcheurs de son village près de la Havane se moquent de ce vieux bonhomme qui s'accroche à un métier qui ne lui rapporte plus grand-chose malgré son expérience et son entêtement. Santiago est en effet un "salao", un malchanceux qui n'a rien rapporté depuis près de trois mois.

Le seul vrai ami qui lui voue une sincère affection est Manolin, un jeune garçon à qui Santiago a appris la pêche. Manolin  l'appelle grand-père même s'ils n'ont pas forcément un lien de parenté, ce n'est peut-être qu'un terme affectueux mais en tout cas le garçon prend soin de lui, veille sur lui, le vieux esseulé qui a perdu sa femme.

Un " drôle de bonhomme"

Santiago, qui est de son propre aveu "un drôle de bonhomme", vit dans une cabane d'une pièce en écorce de palmier, très sommairement meublée, et mène une vie simple et dépouillée. Son seul grand regret concernant le confort matériel est sans doute de ne pas avoir de radio pour écouter les matches de base-ball qui le passionne : il voue en effet une immense admiration pour DiMaggio dont le père était pêcheur (et dont la femme était Marylin Monroe, mais cela n'a rien à voir !).

Sur son bateau en mer ou dans sa cabane, il arrive que Santiago rêve aux voyages qu'il a effectués autrefois, en Afrique notamment, aux docks qu'il a connus, à la pêche à la tortue, à ses tournois épiques de bras-de-fer dans lesquels il brillait. Mais tout cela est bien loin... Santiago n'est plus qu'un vieil homme qui part chaque jour sur "la mar", sa vieille amie, son océan au large de Cuba, qui donne ou ne donne pas son poisson, selon son envie. Malgré sa fatigue, malgré sa malchance, en parlant tout seul comme cela lui arrive souvent depuis que Manolin sur ordre de ses parents ne l'accompagne plus, le vieil homme sort en bateau.

Parfois il a des regrets, le vieux. Il a un tel respect pour les bêtes, une sorte d'admiration teintée d'affection qu'il se demande s'il n'aurait pas dû faire un autre métier que tueur de poissons mais dans son village que faire d'autre ?

Santiago et la nature

C'est un homme rude Santiago, et doux à la fois, sans doute n'est-il guère instruit mais il connaît la nature, il a ce bon sens des personnes qui vivent dans le giron de la nature, à la fois en sa compagnie et contre elle : une alliée et une adversaire en même temps. De la nature, il tire sa subsistance mais cela ne se fait pas sans lutte, ni sans douleur, comme lors de sa terrible confrontation contre un énorme espadon pendant trois jours et deux nuits.  Santiago a ce bon sens des gens qui savent que rien n'est jamais acquis et que sur le métier il faut sans cesse remettre l'ouvrage. Est-ce du courage ou simplement de la ténacité ? En tout cas  il ne baisse jamais les bras, il fait ce qu'il y a à faire en laissant venir les moments de découragement puis en les laissant repartir comme ils étaient venus. "Un homme, ça peut être détruit, mais pas vaincu." On peut gagner ou tout perdre mais il faut prendre les choses comme elles viennent.

Hemingway et Cie

Santiago est le héros du livre de Ernest Hemingway Le Vieil homme et la mer (The Old Man and the Sea) publié en 1952, qui valu à l'écrivain américain le prix Pulitzer 1953 et le prix Nobel de littérature en 1954. Spencer Tracy l'a incarné au cinéma en 1958 dans un film de John Sturges. Mais on retiendra aussi le fabuleux film d'animation d'Alexandre Petrov en 1999. Ce film magnifique est un tour de force technique et artistique qui a raflé de multiples récompenses méritées.